Une première pour un groupe bancaire français : BPCE permet désormais d’acheter du bitcoin et d’autres cryptoactifs via sa filiale Hexarq.
« Cette initiative illustre une nouvelle fois l’engagement du Groupe BPCE à toujours être à la pointe de l’innovation et à s’adapter aux nouvelles attentes de ses clients en matière de solutions financières modernes et diversifiées », indique BPCE.
Une « innovation » présentée comme une avancée majeure… au moment même où le service bancaire de proximité recule partout.
À force de croire que l’essentiel est ailleurs, on crée des ailleurs sans l’essentiel …
Mais quelles sont les réelles attentes de nos clients ? De quoi ont-ils besoin au quotidien ?
Qu’il semble bien loin le concept de la banque de proximité, en effet, depuis de nombreuses années les directions successives n’ont eu de cesse de dégrader la qualité de service. Leurs principaux “méfaits” sont:
- le retrait des GAB pénalisant à la fois commerçant·es et client·es,
- la fermeture d’agences pourtant rentables,
- la mise en place de l’accueil partagé ou sa suppression pourtant cœur de service,
- la diminution drastique des effectifs indispensables à la bonne gestion de la clientèle.
SUD-Solidaires BPCE dénonce également le sous-effectif entretenu sciemment par la direction dans l’ensemble du réseau et des fonctions supports par la dégradation continue des conditions de travail et la compression des effectifs.
Tout cela doit nous interroger sur les réelles intentions des dirigeants : s’agirait-il de tourner un peu plus le dos à la clientèle des milieux ruraux et des quartiers populaires ? Alors même que l’éviction par la segmentation oblige déjà bon nombre de client·es peu fortuné·es à être relégué·es au second plan en agence. Cette clientèle est considérée à tort comme pas assez rentable par la direction, elle ne bénéficie pas de suivi particulier…pour ces client·es, ce sera au mieux la banque à distance ou au pire la fin de la relation.
Et pendant ce temps, les services de communication continuent de vendre à grand renfort de publicité une banque «100 % coopérative, 100 % régionale ».
Une promesse de plus en plus éloignée de la réalité vécue par les salarié·es et les client·es…
Des décisions lourdes de conséquences
La disparition des services de proximité a aussi pour conséquence la fragilisation du lien social et des territoires.
Les banques et plus particulièrement le groupe BPCE veulent-ils vraiment accompagner ce recul ?
Une fois encore, les valeurs mutualistes s’effacent derrière les logiques financières.
Une autre banque est possible
Nos client·es sont en droit de réclamer, tout comme nous, du personnel suffisant en nombre pour accueillir et gérer convenablement des relations commerciales de plus en plus exigeantes et de s’assurer par la même occasion de conditions de travail décentes.
Pendant que les services essentiels disparaissent, vendre des cryptoactifs à la réputation parfois sulfureuse pour séduire une clientèle de niche, est-ce vraiment cela la priorité ?