La finance dite « responsable » doit-elle servir de camouflage au financement de la guerre ou au réchauffement de la planète ?
Vous pensiez commercialiser des fonds éthiques et écologiques, appelés communément “verts”, ayant pour but vertueux de faire un geste salvateur pour la planète Terre mal en point, ou encore ayant une visée sociale ?
Mais derrière la vitrine “verte”, la réalité est beaucoup moins reluisante.
Les dirigeants de BPCE vantent la transition écologique et la souveraineté nationale à travers la commercialisation de ces fonds. Ils nous demandent de convaincre les client·es que leur épargne va changer le monde.
Une enquête de Voxeurop, Mediapart, IrpiMedia et El País révèle que les grandes banques françaises continuent notamment de financer l’industrie de l’armement. (Source : Mediapart “Avec l’argent des fonds verts, des banques financent les entreprises d’armement”)
Loin de se différencier, pour BPCE c’est au bas mot 1,35 milliard d’euros qui auront été consacrés à des multinationales peu fréquentables, destructrices de l’environnement, produisant et livrant des armes destinées aussi à la guerre génocidaire à Gaza.
Salarié·es : placé·es en première ligne
Sans accès à une information complète, les salarié·es conseillent ces produits financiers en toute bonne foi.
Résultat : les salarié·es se retrouvent exposé·es à défendre une finance « durable » qui peut aussi financer l’armement ou des activités fortement émettrices de CO₂.
Dans les portefeuilles : on retrouve des sociétés qui consacrent tout ou partie de leurs activités à l’armement avec entre autres, Safran qui fabrique notamment des drones, des bombes de précision et les moteurs des chasseurs Rafale. Sont aussi présents plusieurs géants actifs à la fois dans la défense et l’aéronautique, une activité très émettrice de CO2, comme le groupe européen Airbus et les français Thales et Dassault Aviation, fabricants des Rafale et des jets privés Falcon.
On est loin de l’épargne verte promise aux client·es!
Client·es : la confiance fragilisée
Les client·es pensent agir pour la planète, la paix et l’environnement. Iels découvrent que leur épargne peut soutenir l’industrie militaire et l’aéronautique.
Le risque est clair : une perte de confiance durable.
Et qui devra s’expliquer en face-à-face ?
Les salarié·es. Toujours les salarié·es.
Valeurs mutualistes : façade ou réalité ?
Responsabilité. Engagement. Humanisme. Des mots affichés partout… sauf dans certains choix d’investissement. Sans le savoir nous devenons complices et sans le vouloir nous fabriquons des victimes du greenwashing made in BPCE.
À force de repeindre en vert des produits qui ne le sont pas, la direction prend un risque majeur : celui de transformer la « finance responsable » en simple argument marketing.
Ces choix de gestion nous exposent à un risque réputationnel certain, lourd de conséquences.
Les salarié·es ne doivent pas être la caution “verte” de la direction.
SUD-Solidaires BPCE refuse que les salarié·es soient placé·es en première ligne pour défendre des choix qu’iels n’ont ni décidé ni validé.
Nous refusons que les salarié·es supportent les conséquences de décisions prises sans transparence.
Nous refusons également que les valeurs mutualistes soient instrumentalisées.
SUD-Solidaires BPCE exige :
● L’arrêt immédiat et définitif de la commercialisation des fonds concernés.
● Une information claire de la composition des produits financiers pour les salarié·es et les client·es.
● Un contrôle éthique réel des investissements.
LA FINANCE RESPONSABLE NE PEUT PAS ÊTRE UN CAMOUFLAGE.
UNE AUTRE BANQUE EST POSSIBLE!
